Il y avait toutes ces lumières aux éclairs de magie et ces chars que l'on regarde tête levée pour ne rien en perdre. Toutes ces fanfares de tous âges en costumes et couleurs et ces musiques d'ailleures qui n'ont pas de pays véritables. Tous ces enfants avec leurs jouets gagnés, ces adolescents dans les manèges sensationnels et ces vieillards patients sur le front de cette bataille paisible et bruyante. Il y avait une envie de sortir de l'habitude, une envie de bonheur imminent.
Il y a ces enfants qui sont fiers d'être Spiderman ou Cendrillon l'espace de quelques heures et qui paradent dans leurs beaux costumes riant et dansant.
Il y a aussi ces adolescents qui ne savent pas vraiment comment être, peut-être dans le plaisir de plaire. Alors sans aucune règles le jeu des regards commence, souvent maladroitement, souvent bêtement, souvent gaiement; ils espèrent trouver ce quelque chose qui les fera devenir.
Et il y a ces vieillard, qui ne comprennent plus. Alors ils regardent le défilé, peut-être avec la nostalgie de la tradition des baguettes et fanfares, sans doute aveuglés par la lumière d'un astre artificiel trop forte pour leurs yeux assombris par les plis de l'histoire, trop habitué à la sombre raison.
J'aime plus que tout ces instant pendant lesquels le temps décide de prendre une pause et nous accorde une bouffée de bonheur, rien de plus, rien de moins. [ Maurice Bauquet sur le Brooklyn Bridge, NY en 1961]